top of page
La brûlerie 13.jpg

LA BRÛLERIE
Artisan torréfacteur à Abbeville depuis 1920

Fondée en 1920 sur les bords de Somme, puis détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, la Brûlerie renaît dans la très poétique rue du Pont d’Amour. En août 2026, après y avoir passé quelque quatre-vingts ans à l’ombre protectrice de la collégiale Saint-Vulfran, elle s’en est allée poser ses trésors de gourmandise au 13 rue des Lingers. Si le magasin a entièrement fait peau neuve, les jours de torréfaction, il continue d’emplir les alentours d’arômes dont les notes chaudes et boisées ravissent toujours les passants. Grâce au savoir-faire du torréfacteur Guillaume Chastagner, cette petite entreprise vieille de plus d’un siècle perpétue une tradition artisanale qui exige doigté et subtilité.

 

Abbeville en deux parfums : sucre et café

Les anciens associent Abbeville à deux odeurs : l’une émanait de la sucrerie – dont seule subsiste aujourd’hui la cheminée au milieu d’un centre commercial –, l’autre s’échappait de la Brûlerie les jours de torréfaction et emplissait le voisinage d’un parfum chaud, rond et légèrement grillé, bien différent de celui du café moulu – un parfum qui, aujourd’hui comme jadis, incite à pousser la porte du magasin. Mobilier noir, murs couleur café et sol de bois clair, la nouvelle boutique se présente comme une invitation à cheminer entre ses deux grands univers : à droite, le corner Dammann dont les emballages aux teintes glacées contrastent élégamment avec les rangées de boîtes de thé noires, tandis qu’à gauche, le torréfacteur, bleu et argent, attend comme une bête goulue que Guillaume, perché sur une échelle, déverse les grains encore verts dans son grand entonnoir quand la machine a suffisamment chauffé.

 

C’est le moment où les grains se mettent en branle dans un brouhaha qui chahute le calme feutré ambiant. Ils s’agitent une vingtaine de minutes derrière un petit hublot. Mais ce n’est pas leur changement de couleur qui indique à Guillaume qu’ils sont prêts. Pour cela, il se fie à son expérience et à son oreille : quand un fin crépitement se fait entendre, il sait qu’il est temps d’ouvrir la trappe. Il libère ainsi une cascade de grains torréfiés et fumants dans une large cuve où des bras les refroidissent en les brassant d’un mouvement régulier et soutenu qui casse la chaleur, les empêchant ainsi de brûler – un peu comme pour les pâtes dont la cuisson se prolonge, même une fois qu’on les a sorties de l’eau, explique-t-il.

 

Sans attendre, il va chercher un nouveau seau rempli de grains crus, durs comme des cailloux, au vague air de pistaches et qui dégagent une forte odeur végétale, évoquant les céréales vertes, pas désagréable du tout, mais sans rapport avec la fragrance du café torréfié ou moulu. Il met aussitôt une nouvelle tournée en route ; l’enchaînement des torréfactions permet d’économiser de l’énergie.

De l’Éthiopie à l’Australie, en passant par la Réunion : des grains pour faire le tour du monde

Autour du torréfacteur, quelques sacs de jute, dont les motifs et provenances évoquent des pays lointains, rappellent que, plus qu’un breuvage, le café est un voyage : de l’Afrique à l’Amérique du Sud, en passant par la Papouasie-Nouvelle-Guinée, on en trouve dans le monde entier, majoritairement le long de la ceinture du café, enserrée entre les tropiques du Cancer et du Capricorne.

 

Guillaume, intarissable sur le sujet, explique que l’on cultive d’excellents grains en Inde ou au Vietnam, même si les gens ne le savent pas forcément. Il existe toutefois des productions encore plus méconnues, par exemple le Skybury, un café australien d’exception, ou le Bourbon pointu cultivé à La Réunion, dont les récoltes restent hélas confidentielles, déplore le torréfacteur abbevillois.

Produits locaux

Produits locaux

Tentations gourmandes

Produits locaux

Produits locaux

Chardons de Fort-Mahon

Produits locaux

Produits locaux

Miel d'Abbeville

Produits locaux

Produits locaux

Nectar de rhubarbe de Saint-Riquier

Produits locaux

Produits locaux

Les Rhumèdes

Produits locaux

Produits locaux

Liqueurs de Heucourt-Croquoison

Produits locaux

Produits locaux

Cervoise de Samara et frênette de Loison-sur-Créquoise

Produits locaux

Produits locaux

Sauces et tartinades de Picquigny

Produits locaux

Produits locaux

Soupes et tartinades de Crécy-en-Ponthieu

Produits locaux

Produits locaux

Soupes de Saint-Valery-sur-Somme

Le goût de la qualité
Le café que l’on boit et sa préparation, m’explique Guillaume, sont fonction du temps dont on dispose, des arômes que l’on souhaite révéler et des particularités gustatives recherchées. Pour lui, c’est une passion à laquelle il s’adonne même en vacances si l’occasion se présente de rencontrer un autre artisan torréfacteur. Son métier lui permet d’élaborer des cafés de haute qualité pour toutes les bourses, une préoccupation qui lui est chère. Et avec une cinquantaine de sortes travaillées, il peut proposer des prix accessibles à tous et apporter sa touche personnelle à la tradition qu’il perpétue.

​

À sa nouvelle adresse, la Brûlerie est restée fidèle à son concept : proposer des produits d’épicerie fine et des alcools de qualité, si possible locaux. Ainsi trouve-t-on ici, parmi une foule d’autres délices, les terrines Courtoisies de Jeanne Rocque, de Long, les chardons bleus de l’Atelier de Pierre, de Fort-Mahon, le vin des Baies du Moulin, de Noyelles ou encore le nectar de rhubarbe de la maison Vermès, de Saint-Riquier, qui n’en cultive pas moins de cent variétés.

​

Tandis que l'imposante machine bleu et argent poursuit docilement son labeur, le magasin se remplit. Guillaume, son épouse Sophie et Clélia accueillent la clientèle – dont beaucoup d’habitués – dans la bonne humeur. L’élégance de la boutique n’a rien de guindé, au contraire. Seule absente ce jour-là : Jeanne, la fille de Sophie et Guillaume, étudiante en alternance, et peut-être la relève quand, le moment venu, Guillaume décidera de passer la main pour que cette enseigne vive encore longtemps ; qui sait, pourquoi pas un siècle.

​

 

 

La Brûlerie

Artisan torréfacteur depuis 1920

Guillaume Chastagner 

13 rue des Lingers

80100 Abbeville

Tél. : 03 22 23 62 83

Courriel : labrulerie.abbeville@gmail.com

Facebook : La brûlerie – Abbeville

Instagram : labrulerieabbeville

bottom of page